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LA RESIDENCE ALTERNEE POUR LES ENFANTS

Le 14 mars 2013
DIVORCE ENFANT RESIDENCE ALTERNEE GARDE JUGE

Selon les chiffres du ministère de la Justice, l’enfant est confié à la mère dans 72% des cas de divorces. Et s’il en est ainsi, "c’est souvent parce que les parents sont d’accord : la mère est plus disponible que le père, les enfants sont jeunes… Des raisons qui tiennent à un modèle familial assez classique", reconnaît Jacqueline Lesbros, ancienne juge aux affaires familiales, désormais en charge des Affaires familiales auprès de la présidence du Tribunal de Créteil. Les pères demandent rarement la garde des enfants. "Il existe des cas contraires, mais c’est souvent parce que la mère n’est pas capable d’assurer la garde, en raison de difficultés physiques ou psychologiques", explique-t-elle.

Une théorie balayée par Gérard Révérend, de l’association Les papas = les mamans : "les dernières données concernant le taux de demande de garde des pères datent d’il y a au moins quinze ans. Depuis, les comportements ont changé ! Et on oublie de préciser le taux de demande de résidence alternée des pères, qui sont de plus en plus nombreuses". Car même si elle reste minoritaire, la garde alternée, qui désigne le partage de la résidence de l'enfant entre le domicile du père et celui de la mère, gagne du terrain. Devenue officiellement légale par la loi sur la famille du 4 mars 2002, elle était pratiquée par 20% des enfants en 2010, contre 13,5% en 2006, selon le ministère de la Justice. "On la valide quand la séparation se passe bien. Les conditions doivent être bonnes pour l’enfant, précise Jacqueline Lesbros. Mais il faut être clair : certaines situations de résidence alternée ne conviennent pas aux besoins des enfants", martèle l’ancienne juge, qui précise : "fixer la résidence principale chez la mère, ça n’est pas exclure le père. Notre travail consiste aussi à lui faire une place."

Gilles Révérend, lui, accuse directement "la culture des juges, qui en confiant l’enfant à la mère, appliquent des stéréotypes qu'ils croient rassurants". Et si près de 90% des juges aux affaires familiales sont des femmes, Jacqueline Lesbros juge l’argument "peu sérieux et surtout très réducteur vis-à-vis de notre métier. Si c’est nous qui essayons au maximum d’orienter les gens vers la médiation et les accords négociés entre les parents, c’est bien pour que ce soit eux qui finalement prennent une décision concernant l’enfant, et pas nous."

Cette tâche se complique lorsque la crise économique intervient dans le conflit. "Ce sont les cas les plus compliqués, et ils se multiplient, constate Jacqueline Lesbros. Lorsque l’un des parents n’a pas de logement, comme c’est le cas de ce père nantais, ou que sa situation financière ne lui permet pas de recevoir l’enfant dans de bonnes conditions, se pose la question : comment maintenir le lien ?" Hébergement dans la famille, structures associatives… Toutes les possibilités sont alors envisagées. "C’est vrai que souvent dans ce genre de cas, les pères se sentent stigmatisés. Mais s’ils n’ont pas de garantie de recevoir l’enfant dans de bonnes conditions, on n’a pas le choix !"

Les associations de défense des pères le reconnaissent : les facteurs qui expliquent la garde accordée à la mère sont nombreux, d’où une situation complexe. "Chaque enfant est différent, et notre tâche est de faire du sur-mesure", explique Jacqueline Lesbros.

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