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MARIAGE RELIGIEUX SANS MARIAGE CIVIL

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Catégories : DIVORCE & SEPARATION

MARIAGE RELIGIEUX ET CIVIL

Refuser le mariage civil au profit du mariage religieux?

Par Ivan Rioufol le 21 novembre 2012 13h22 | 178 Commentaires

Le mariage homosexuel ne va pas de soi. C’est ce qu’a admis implicitement François Hollande, en reconnaissant aux élus municipaux une "liberté de conscience". Le président de la République a fait cette déclaration, mardi, devant l’Association des maires de France. Il répondait à ceux qui ont manifesté contre le mariage gay et qui déclarent refuser de se prêter à une telle cérémonie heurtant leur conception du mariage, de la filiation et de la famille. "Les maires sont les représentants de l’Etat et ils auront, si la loi est votée, à la faire appliquer. Mais des possibilités de délégation existent (ndlr: à des adjoints), elles peuvent être élargies", a précisé le chef de l’Etat, en suscitant l’indignation des militants et des "progressistes". Le succès, le week-end dernier, des premières mobilisations contre ce projet gouvernemental n’est évidemment pas étranger à ce fléchissement présidentiel. Il contredit  la banalisation recherchée par les promoteurs du "mariage pour tous".

La reconnaissance d’une liberté de conscience offre un argument à ceux qui s’interrogent sur la légitimité de maintenir la pénalisation, depuis 1810, des cérémonies religieuses effectuées sans mariage civil.  Pourquoi la justice et l’égalité, revendiquées par les promoteurs du mariage gay, ne seraient-elles pas reconnues à ceux qui, considérant cette réforme comme contraire à leurs valeurs, préfèreraient s’unir uniquement devant l’Eglise, quitte à  choisir le statut du concubinage ou du pacs ? Un conseiller d’Etat, Christophe Eoche-Duval, aborde cette question (Recueil Dalloz, 15 novembre) : "Si la liberté individuelle et l’égalité sont la justification avancée du droit pour tous de recourir au mariage civil (…) les mêmes droits constitutionnels ne devraient-ils pas conduire à ne plus contraindre préalablement à se marier civilement pour pouvoir exercer la liberté de se marier selon sa religion, composante de la liberté d’opinion religieuse ?". Pourquoi continuer à subordonner la validité d’un mariage religieux à une cérémonie civile désormais contestée ? Le débat est à ouvrir.

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